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© 24 heures, 2 octobre 2008

Aurélie, le mois de février osé des paysans
PHOTOS - Fille d’agriculteurs à Bière, Aurélie Bellon a été sélectionnée pour poser en petite tenue dans l’édition 2009 du calendrier paysan. Elle comprend les critiques, mais estime être restée dans les limites de la pudeur ainsi que le lui ont demandé ses parents.
Redorer l’image de la paysannerie suisse? On ne la fait pas à Aurélie Bellon, 21 ans, qui incarnera le mois de février dans l’édition 2009 du calendrier des paysans. Bien posée sur ses talons aiguilles, la jeune femme rejette les faux-semblants: «Il s’agit d’une affaire commerciale avant tout», estime-t-elle. Fille d’agriculteurs à Bière, elle aime la ferme mais se consacre avant tout au sport et à sa future profession: sage-femme. Elle est actuellement étudiante à la Haute Ecole de santé du CHUV. Aurélie Bellon aime la vie, en particulier à ses débuts. «J’ai fait des stages dans les salles d’accouchement et je trouve magique l’instant où la vie paraît. J’ai envie de devenir sage-femme depuis l’âge de 4 ans.»
Elle a suivi des cours de danse classique et moderne pendant treize ans; elle ne fume pas, ne boit pas et pratique l’aérobic ainsi que la gymnastique. En bref, rien de sulfureux chez elle.
Mais Aurélie aime poser, voilà tout. Elle le fait régulièrement pour des photos de mode et ce depuis deux ans. Lorsqu’elle a vu une annonce dans un journal en vue de candidatures au calendrier paysan, elle n’a donc pas hésité. Dans un premier temps, quarante prétendantes ont été retenues.
«Mon père est fier»
«Il a fallu ensuite que je présente la ferme de mes parents et que je prouve que j’avais un lien rapproché avec l’agriculture. » Quelques semaines plus tard, elle est sélectionnée. «Mes parents m’ont dit qu’ils espéraient que cela ne serait pas vulgaire. Ils voulaient que ma pose soit plutôt soft. Aujourd’hui ils sont contents et mon père est fier que tout le village en parle. »
Pourtant des critiques sévères dans le secteur de la paysannerie se font entendre. Les Paysannes vaudoises se sont d’emblée détournées du projet érotique. Dernièrement, la journaliste Martine Bailly, de l’Agence d’information agricole romande (AGIR), critiquait vertement la démarche, estimant qu’elle donnait une image vulgaire des paysans. «Je comprends ses propos, commente Aurélie Bellon. Il est vrai que certaines photos sont provocantes. Lors du shooting , on m’a demandé de prendre des poses ambiguës, comme, par exemple, de tirer la langue. J’ai refusé. Mais d’autres filles ont accepté et c’est cela qui peut prêter le flanc à la critique. C’est pourquoi je trouve que la journaliste d’AGIR généralise un peu. »
Cinquième édition
Le calendrier paysan a démarré en 2005. Cette initiative, lancée en Suisse allemande par une équipe de Hergiswil (NW) emmenée par le journaliste Marc Helmy, a pour vocation de battre en brèche l’image rétrograde et potue de l’agriculture et, accessoirement, de redorer l’image des femmes de la campagne. L’opération a vite pris son essor mais avec des réactions très diverses. Il n’empêche que le calendrier en est à sa cinquième édition et connaît un franc succès, avec des tirages chaque année plus importants. Les commandes se font par internet au prix de 38. 50 francs sans compter les frais de port à l’adresse www. bauernkalender. ch. Tiré à 12 000 exemplaires, le calendrier propose douze photos de femmes en tenue sexy, les unes dans des positions suggestives, les autres gardant davantage de pudeur.
L. BS
www.bauernkalender.ch
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